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 REACH

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Lord69

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MessageSujet: REACH   Sam 29 Avr à 16:53

Citation :
Paris, France — 27/04/2006 - A la veille de la onzième Journée mondiale sur la sécurité et la santé au travail, Greenpeace France et la Fédération nationale des industries chimiques de la CGT (Fnic-CGT) rappellent l'importance de la réglementation européenne REACH sur les substances chimiques.
Chaque année, 2,2 millions de personnes meurent dans le cadre de leur travail. En Europe, comme dans les autres pays industrialisés, les accidents du travail mortels diminuent, mais les maladies professionnelles se développent. Parmi elles, l'asbestose (due à l'amiante) ou les cancers provoqués par une exposition aux substances dangereuses. Le Bureau international du travail estime que 1,7 million de travailleurs meurent chaque année d'une maladie professionnelle, ce qui représente presque 5000 décès par jour. "En France, l'Inserm confirme les estimations de la CGT : 20000 personnes décèdent chaque année d'un cancer professionnel, affirme Michel Coste, responsable du collectif Sécurité, précarité, environnement de la Fnic-CGT. C'est intolérable, le patronat de l'industrie chimique ne fait rien pour mettre en place une vraie prévention des maladies professionnelles."

Face à cette situation, la Fnic-CGT et Greenpeace France réaffirment l'urgence d'une évaluation des produits chimiques et d'une réduction du danger à la source. La future réglementation REACH pourrait constituer une avancée fondamentale. Au cœur de cette réforme en cours d'élaboration au sein de l'Union européenne : le principe de substitution, qui obligerait les industriels à remplacer les molécules dangereuses par des substances plus sûres. "Cette obligation de substitution bénéficierait non seulement aux travailleurs, mais aussi à la protection de l'environnement et de la santé publique", déclare Yannick Vicaire, chargé de campagne Toxiques à Greenpeace France. A l'automne 2005, le vote de cette réforme en première lecture au Parlement puis au Conseil de l'UE a donné des résultats mitigés. Les parlementaires se ressaisiront du dossier en juillet prochain en vue d'une seconde lecture à l'automne 2006.

Dans cette perspective, Greenpeace et la Fnic-CGT appellent les eurodéputés français de l'UDF, du PS, des Verts et du PCF à renouveler leur soutien au principe de substitution, tel qu'il a été adopté en première lecture parlementaire l'année dernière. Les deux organisations demandent aussi au gouvernement de le défendre au niveau du Conseil de l'UE. Elles mettent également en demeure les parlementaires UMP de justifier leur hostilité à cette disposition susceptible d'apporter des résultats concrets en matière de santé publique, d'environnement tout en générant des marchés innovants.

En outre, Greenpeace et la Fnic-CGT affirment leur solidarité avec les travailleurs et les populations des pays émergents où explosent les chiffres de la mortalité et de la morbidité professionnelles sous la pression de la mondialisation. "Alors que le modèle actuel de la mondialisation tente de tirer les normes vers le bas, notre devoir n'est pas seulement de réussir une réforme REACH de haut niveau, mais aussi de l'exporter comme nouveau standard international de responsabilité et de prévention contre les risques des substances dangereuses", concluent les porte-parole des deux organisations.

Voilà pour l'info de tous !
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René03



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Date d'inscription : 10/11/2005

MessageSujet: Re: REACH   Jeu 4 Mai à 19:36

Au sujet du projet Reach, je vous publie un interview de Claude Reiss ancien diercteur de recherche au CNRS, paru dans Science et vie n° 1063 d'avril 2006.
Citation :
Les puces à ADN pourraient remplacer les tests sur les animaux

Dans le cadre du projet Reach de réglemen­tation des produits chimiques, l'Europe a ac­cepté l'idée de Claude Reiss : utiliser un test de biologie moléculaire comme alternative à l'expérimentation animale.
Explications.
Science & Vie :Quelles sont les limites de l'expériimentation animale?

ClaudeiReiss: Tout d'abord, elle n'est pas toujours repré­sentative de la toxicité chez I'humain. Et pour cause. au­cune espèce n'est un modèle biologique fiable pour une au­tre, en raison des différences génétiques existant,d'une es­pèce à l'autre... Autre point faible: l'expérimentation ani­male coûte cher et dure long­temps. Ainsi, pour tester la to­xicité des 30000 substances prévues par Reach, le projet européen de réglementation des produits chimiques (voir S&V n° 1061), il faudra quaran­te ans et pas moins de 2,7 mil­liards de dollars! Enfin, elle nécessite un grand nombre d'animaux: plus de 13 miliions dans le cas de Reach...

S&V :En quoi la biologie moléculaire facilite-t-elle ce type de recherche?

C.R. : Elle permet de savoir si une substance est toxique ou non pour plusieurs lignées de cellules humaines - cellules nerveuses, du foie, du rein, de la peau, des muscles, etc. - re­présentant tous les organes du corps. Ces tests seraient plus rapides (obtention des résultats en seulement quel­ques jours), plus économiques (de 100 à 1 000 fois moins chers), et plus fiables pour l'homme que les expériences menées sur des animaux. Plus précisément, il s'agit de puces à ADN permettant d'évaluer la toxicité d'un produit en interrogeant les gènes d'une cellu­le. Sachant qu'une substance nocive modifie l'activité géné­tique de la cellule. L'idée est de mettre la substance à étu­dier en présence de cellules de foie humain, qui transfor­ment les produits chimiques en substances actives sur notre organisme. Puis on ex­trait ces molécules actives et on les met en présence d'au­tres cellules. C'est l'activité génétique de ces dernières entités qui sera analysée via des puces à ADN

S&V: pourquoi cette tech­nique utilisée en recherche pharmaceutique n'avait-elle pas été retenue pour Reach?

C.R. : Les firmes pharmaceu­tiques travaillent avec des pu­ces très complexes, conçues pour analyser l'activité de di­zaines de milliers de gènes. Or, plus une puce peut question­ner de gènes, plus ses résultats sont difficiles à interpréter...

S&V: En quoi votre straté­gie est-elle plus simple?

C.R. : Pour dépasser l'obsta­cle des résultats difficiles à interpréter, j'ai imaginé utiliser des puces simplifiées, capables d'interroger seulement quel­ques dizaines de gènes. Il s'agit ici d'entités sélectionnées par­mi une liste de 1100 gènes impliqués dans des réponses à une toxicité, tels p53 pour la cancérogenèse, ATM, pour la mort cellulaire, ou PTGS2, pour la réponse inflammatoi­re. Au total, j'ai retenu 50 gènes humains intervenant dans diverses maladies que peuvent induire des produits chimiques toxiques: cancers, maladies neurologiques, troubles endo­criniens, allergies, etc. Générant des résultats plus simples à analyser, ces puces qui interrogent 50 gènes permettront de faire un pre­mier tri parmi des substances à évaluer. Si on veut aller plus loin, notamment pour des pro­duits auxquels la population est massivement exposée, tels que les additifs alimen­taires, il faudra effectuer des tests sur des volontaires hu­mains informés, sous sur­veillance médicale très stricte, comme cela se pratique dans l'industrie pharmaceutique. Des technologies non-inva­sives, comme le PETscan, per­mettraient d'analyser l'effet de ces doses sur le cerveau ou sur d'autres organes où une "sensibilité" au produit aura été révélée par les puces à ADN.

S&V : Avez-vous tenté de valider votre approche par une étude scientifique?

C.R. : Oui, entre fin 2004 et dé­but 2005, j'ai testé la toxicitéde 28 des 30000 produits de Reach, comme la benzophé­none 3 utilisée dans des crèmes solaires, sur des cel­lules humaines nerveuses et des cellules du foie. Ces tests ont été effectués avec des pu­ces conçues par moi-même et fabriquées à la demande par une entreprise allemande ba­sée à Berlin, Scienion AG. J'ai décrit ces travaux lors d'un congrès sur la toxicogénomi­que organisé en août dernier aux Etats-Unis par les National Institutes of Health.
C'est justement cette étude, présentée en juin au rappor­teur du projet Reach, Guido Sacconi, qui m'a permis de convaincre Bruxelles d'inscri­re la toxicogénomique comme méthode alternative possible aux tests sur les animaux. J'es­père la faire publier dans un journal scientifique bientôt. Si elle est acceptée, il faudra la confirmer par d'autres travaux avant de réellement rempla­cer l'expérimentation animale par des puces à ADN.

Propos recueillis par K.B.
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